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15 juillet 2007

05 juillet 2007

08 avril 2007

Teaser (2)

Ce blog va bientôt réouvrir ses portes...

Avec un bonus, pitetre une webradio histoire de bien écouter pour apprécier mes goûts...


La suite...

02 août 2006

Et la confiance grandit (Epsilon-Machine Mix)

Il est des jours comme celui-ci qui n'arrivent qu'une seule fois dans la vie. Enfin, on aimerait bien.
L'histoire que je vais vous raconter renvoie cette tapette de Jack Sparrow dans les tréfonds de l'ennui, et nécessite une grande attention de la part du lecteur que vous êtes. Aussi vous demanderai-je de bien éteindre vos téléphones portables.

I - Prologue

C'était par une belle journée d'août que nous, humbles stagiaires du LaipsSiks sortîmes dans la rue dans un but purement nutritif. Me rappelant, non sans malice, ne pas avoir de liquide sur moi, je m'en allai au distributeur le plus proche afin d'obtenir de quoi me payer un hot-dog et une boisson fraîche. Une fois arrivé, je glissai d'un geste à la fois souple et ferme le sésame de ma fortune dans sa fente accueillante. Allissa poussa alors un petit feulement de jouissance qui n'était pas sans rappeler le piaffement d'un pi... pardon je m'égare.
Je disais donc, une fois l'outil bien enfoncé, le code tapé et le montant du retrait indiqué, quelle ne fut pas ma surprise de m'apercevoir que ce petit coquin ne voulait pas m'offrir le moindre euro, où plutôt, que mes possibilités de retrait étaient épuisées !?
Un incident semblable m'étant arrivé il n'y a pas si longtemps que cela, je m'en allai vers le distributeur de ma chère banque afin de lui demander des comptes. Chose dont il s'acquitta fort bien, avant de rechigner une nouvelle fois lorsqu'il s'agît de m'offrir espèces sonnantes et trébuchantes.
Ce nouveau refus me mit la puce à l'oreille et, suivant l'exemple courageux et canin de Lassie, j'entrepris de connaître le détail des mes opérations financières. Opérations qui m'apprirent peu de temps plus tard qu'un illustre inconnu m'avait délesté de quelques 250 € à la Postbank.
Il ne m'en fallait pas plus pour repartir à l'aventure.


II – « I shot the sherif »


Je décidai donc de m'informer à la première poste venue (oui je suis à La Poste et je vous emmerde) de ce regrettable incident, dont j'étais sûr qu'il disparaitrait comme il était venu : sans un bruit.
Du premier guichetier que je rencontrai, je n'eus hélas que de maigres informations : il me conseilla de m'adresser à la « Madame dans son bureau ».
La « Madame dans son bureau » semblait fort occupée quand je l'interrompis, m'excusant plusieurs fois de l'importuner, mais il fallait bien que quelqu'un m'aide.
Une fois les faits exposés, cette personne, au demeurant fort sympathique sembla plonger dans une intense introspection, de laquelle il ne ressortit qu'un papier imprimé avec pour seules explications : « Je peux rien y faire mon pôv' monsieur, faut aller voir la police et pis vous revenez et on voit après d'accord ? ». D'un naturel calme, j'acceptai cette réponse et me mis en chemin pour m'acquitter de cette tâche.
Il me fallut du temps pour trouver ce commissariat et je dois dire que, sans le drapeau aux couleurs chatoyantes de notre fier pays dont le flottement mou n'était pas sans rappeler l'état de l'appendice présidentiel, je serais peut-être encore en train d'errer à l'heure qu'il est (il est 20:05).
Il y avait à l'accueil de cet imposant bâtiment, dont l'érection en plein coeur de Paris n'était pas sans rappeler celle que j'avais eu ce matin même, deux personnes : une belle et une moche. Je m'adressai en premier lieu à la belle, qui me redirigea sur la moche.
Aux succintes explication des raisons de ma présence, la moche me répondit :
- Ah mais il me faut le relevé de vos opérations banquières, mon bon monsieur
- Ah bon ?


A suivre

L'album du jour : Venetian Snares-Cavalcade Of Glee And Dadaist Happy Hardcore Pom Poms


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15 mars 2006

Lutte des classes, topless et marmottes

Suite aux demandes insensées de mes nombreuses groupies, dont la plus hystérique n'est autre que Glou, je me vois dans l'obligation de clarifier ma position quant au CPE.

Vous n'êtes pas sans savoir, cher lecteur, que notre beau campus fait l'objet depuis quelques semaines d'une agitation inhabituelle.
Certaines personnes auront pu, en tendant l'oreille, entendre les mélopées gracieuses, mais non moins militantes, de quelques étudiantes dans la fleur de l'âge (on le serait à moins en cette période pré-printanière).
De ces graciles bouches, des syllabes, modelées par le mouvement fluide de lèvres purpurine, s'envolaient dans l'air et s'entrechoquaient pour former quelques incantations elfiques, opaques pour le prophane, mais dont la sonorité ferait naître en chacun de nous l'envie irrépressible de s'initier aux rites ancestraux dont ces amazones juvéniles se tenaient en gardiennes.
Le passant, donc, pouvait entendre ces termes (retranscrit maladroitement, certes, votre humble serviteur n'ayant la grâce de ces nymphes) :
« Villepin, ton CPE on va te le foutre au cul ! »
« Sarkozy nazy ! »
« T'aurais pas une clope ? »

Attiré tel Ulysse, par ces sirènes irréelles, je me dirigeai donc vers un lieu que l'on m'indiquait, lieu oscur et menaçant, communément nommé « Amphi » . Une fois ma place acquise, je pus à loisir écouter les différents protagonistes, et crû comprendre qu'il s'agissait là d'une assemblée de doléances, ou chacun pouvait exprimer ses souhaits et désirs, dans l'attente qu'ils furent exaucés par ces bienveillantes nymphes.

Comprenant là qu'il s'agissait de mon seul espoir de voir aboutir quelques unes de mes requêtes qui me tenaient à coeur, et que je ne pouvais jusqu'ici adresser à Dieu (d'ailleurs, si tu m'écoutes, t'es rien qu'un sale batârd de ta race), j'entrepris alors de lever mon bras, ce qui eut pour effet de m'infliger une crampe mémorable.
Je compris vite, cependant, en regardant autour de moi, que je n'étais pas le seul pauvre bougre à quérir l'attention de ces demoiselles :
De nombreux gueux erraient ici, les cheveux sales et en batailles, les fripes déchirées et la mine encore marquée de la vinasse d'hier, et tous semblaient attendre que le sort se penche sur eux et leur fasse entrevoir un avenir meilleur.
Les demandes de la plupart d'entre eux laissaient deviner une dégradation de leurs facultés cognitives déjà bien avancées, et, bien que je ne pus comprendre entièrement leurs conversation, je compris bien vite que ces pauvres âmes étaient en état de manque d'une de ces nouvelles drogues, dont la formule chimique neutre et impassible, « CPE » cachait d'effroyables effets dévastateurs (on parlait notamment de précarité forcée, voire de sodomie sans agréments exercée sur le brave travailleur).

Puis ce fût mon tour. Une jeune danaïade me demanda alors d'exprimer mes souhaits. L'attente me fut propice et j'en avais profité pour rôder mon discours :

"Camarades, camarades, je me réjouis de me retrouver parmi vous en ce jour, et je ne puis cacher mon immense joie d'enfin pouvoir vous adresser, gracieuses et agiles gazelles, mes souhaits les plus chers et les plus profonds.
Comme vous ne le savez peut-être pas, au fin fond de ce pays sauvage et hostile qu'on appelle les Alpes, existe un fier peuple de petits rongeurs marxistes, un peuple maintes et maintes fois repoussé par les hordes de vils bergers capitalistes enculés de mes deux, un peuple harcelé par les milices fascisantes de rapaces diurnes à l'accent allemand fortement douteux. Et pourtant c'est un peuple debout, oui mes frères et mes soeurs. Debout, sur leurs pattes arrières, les marmottes résistent.
Mais pour combien de temps ?
S'ensuit un appel vibrant à la solidarité avec le peuple marmotte, j'avais fait un super truc, si si j'vous jure, sauf que mon texte était dans la poche gauche de la veste que je viens d'emmener au pressing. Comme quoi tout peut arriver, m'enfin bon c'est pas grave, l'important c'est que tu kiffes la vibe du moment que je te raconte. Yo.

Un autre point important que je voudrais soulever me tient plus à coeur :
Comme vous le savez le printemps approche, et au printemps, il est de l'habitude de la femelle de se dévêtir partiellement afin de mieux profiter de la brise légère qui lui parcours les avant-bras. Or mes amis, vous n'êtes pas sans avoir qu'une imbécile coutume interdit la donzelle de profiter pleinement de ce confort total, de cette sensation du vent frais qui vient caresser son corps libéré de toute entrave. Aussi pour cette liberté fondamentale qui vous est honteusement refusé je demande l'abrogation totale du vêtement pour la gent féminine !"

N'importe quel public normalement constitué eût alors constitué une standing ovation triomphale pour ce qui constitue, à ma connaissance l'une des revendications les plus progressistes qui soit.
Mais ici, rien.
Niet.
Nada.
Queud'.

Les plus enthousiastes haussèrent à peine les épaules, les autres me regardaient avec une expression toute bovine, et je compris dans leur regard la tragédie de notre époque.
Je m'en allai alors, déçu, et décidai d'aller me pinter la gueule.



L'Album du jour : Dominique A - L'Horizon


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13 mars 2006

Ba alors, qu'est-ce tu fous ?

Puisque le maître des lieux nous a abandonné pour la lutte armée, autant en profiter pour repeindre les murs en magenta.


Il est étrange de constater le silence assourdissant de ce blog sur ce qui se passe actuellement à Gnussieu. Pas un mot de Bubu sur un sujet dont il est pourtant friand, un silence d'autant plus étonnant qu'il s'agit là de son domaine de prédilection, un peu comme si mamie nova ne donnait plus son avis sur les crèmes dessert.
Pourtant, Bubu, je l'ai connu plus disert sur les grandes préoccupations sociales de notre temps. Il fallait le voir prendre violemment position contre le projet de constitution européenne, arpentant les débats de boisson pour participer aux débits, dévidant son trop-plein d'exaspération citoyenne devant ce gouvernement anti-social. Mais, aujourd'hui, tout semble brisé. Bubu ne prend plus part aux vociférations, il est tout près de se ranger dans la cohorte des sans-avis, indifférent au blocage de son université et pas loin de ne plus s'offusquer de ce nouveau contrat concocté avec soin pour lui laisser, à lui comme à d'autres, le plaisir adolescent de s'insurger.
Point d'insurrection pourtant. D'autre que Bubu ont pris la tête du mouvement. Lui promène sa démarche mal assurée dans les manifestations, sans plus aller au contact avec les CRS toujours prêt à partager leur point de vue.

De réflexion sur le fond - ce drôle de contrat - ou sur la forme - cet embargo embarqué de l'université - il n'y a point ici. Nul doute que ce post entraînera une réponse, mais on eut aimé un éclairage moins commandé, avec cette spontanéité non exempte de maladresse dont il sait faire preuve lorsqu'il enjambe le monde arabe sans plaindre les Irakiens.

Alors, pour ou contre le CPE, ma foi, quelle importance ? Les positions qui font consensus n'ont guère d'intérêt. C'est sur d'autres choses qu'il serait utile de l'entendre : comment assume-t-on tous ceux avec lesquels on défile, que penser du fameux "je préfère avoir tort seul que raison avec les autres", etc... Il trouvera bien d'autres petites choses à dire, pour peu qu'il veuille bien sortir de son assourdissant mutisme.


Le morceau du jour : Little Red Riding Hood Hit The RoadRobert WyattRock Bottom


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21 février 2006

Où il sera question de régularité

Il paraît que je n'ai pas posté de nouveau message depuis bientôt un mois.

Certes, il y a dans ce propos, qui se veut informatif dans la forme et menaçant sur le fond, une part de vérité, qu'il ne me viendrait même pas à l'esprit de mettre en doute.
Et j'aurais beau jeu de justifier cette absence par quelques simulacre d'explication foireuse, d'autant que Glou, lui, poste avec une régularité qui lui fait honneur.

Oui mais...

Oui, mais, disais-je donc avant d'être interrompu par moi-même et ce, pour ménager un suspense intolérable qui ne saurait durer trop longtemps, ma vie est-elle aussi palpitante pour qu'à l'instar de Glou, j'en tire des anecdotes suffisamment savoureuses que vous puissiez raconter le lendemain à Josie, la secrétaire du Bureau du DRH, qui vous fait de l'oeil depuis la fois où elle avait écouté, crédule, votre récit rocambolesque de la libération de Florence Aubenas, à laquelle vous participiez la nuit, alors que vous passiez vos journées à rédiger le rapport annuel de la vente de saucissons Bambino : "Si c'est Bambino, c'est jamais trop" ?

He bien non, je ne le crois pas.

Aucun canard, aussi malpoli soit il, ne vient se ramasser le bec contre l'asphalte à 2 mètres de moi, en compagnie d'un pachyderme hystérique.
J'ai toujours réussi à démarrer et à éteindre un ordinateur correctement sans pour cela avoir à faire appel à une hotline d'incompétents.
Enfin, je n'ai jamais eu le plaisir d'écraser une vieille, bien que l'envie me prenne aussitôt que, dans le bus, j'en vois une se ruer sur une place assise, généralement côté couloir, ne pas daigner se lever pour me laisser m'asseoir sur la place côté fenêtre, alors que cette même vieille descend généralement une quinzaine d'arrêts plus loin, et ne daignera pas non plus se lever pour me laisser sortir, m'obligeant à effectuer quelques contorsions plus ou moins prononcées, en fonction de la corpulence de la connasse.

Bref, si je ne poste pas, ce n'est pas par flemme, loin de là, mais bien parce que je n'ai rien à dire.

Le morceau du jour : Jackson and His Computer Band-Utopia


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Réflexions sur les canards sauvages


Puisque le ciel est obstinément gris et que, trop souvent hélas, diverses obligations m'obligent à sortir de chez moi, je me décidai ce matin à secouer ma torpeur ordinaire et me levai avant l'aube pour me préparer. Je n'ouvre jamais mes volets avant le lever du soleil, d'abord parce, vieux et grincheux, ceux-ci rechignent à grincer avant huit heures, ensuite parce que de rares passants trop curieux pourraient alors à loisir me contempler au lever, ce qui n'est un spectacle agréable ni pour eux ni pour moi.


C'est donc inconscient des dangers que je sortis de chez moi, à l'heure où blanchit la campagne. Comme souvent j'étais vêtu en dépit du temps, et cette considération me frappa tout à fait lorsque j'arrivai trempé à l'arrêt de bus post-apocalyptique où j'attends trop longtemps chaque matin l'hypothétique mastodonte à roues qui me conduit à la gare. J'en entends déjà, des irrévérencieux, me dire : "Tu n'avais qu'à prendre un parapluie", ce qui est une double aberration lorsqu'on sait que, d'une part, les parapluies ne sont utiles que par petite pluie fine valant mieux qu'un petit froid sec, et que d'autre part le nombre de morts par parapluie augmente chaque année.
Quoi qu'il en soit, j'en étais là de mes considérations philosophico-prête-à-porter lorsque j'avisai une comète jaillissant des cieux contrariés. La grosse femme en k-way orange qui prend régulièrement le bus en même temps que moi le vit aussi et poussa un brâme d'oie en désignant de son gros doigt l'objet qui filait dans les airs. Sans doute dut-elle faire un voeu, se conformant ainsi à l'absurde croyance populaire que le passage d'une comète est un signe de chance - les dinosaures me comprennent. Cependant, je n'eus pas le temps moi-même d'envisager le quart du début d'une prière au dieu inconnu, que déjà la comète fonçait vers nous et s'écrasait mollement sur la route, éclaboussant légèrement autour d'elle.
La nature est bien faite. Prévoyant qu'il nous arrivait là, à la grosse femme et à moi, un événement digne de figurer au panthéon de nos aventures extraordinaires personnelles, le temps sembla s'arrêter. Je vis alors entre les gouttes que notre comète était un canard sauvage, une de ces charmantes bestioles emplumées qui sont très célèbres ces derniers temps, pour d'obscures raisons journalistiques qu'il serait trop long d'expliquer.
J'étais stupéfait, bien sûr. Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à un atterrissage forcé. Je ne dis pas qu'il ne m'est jamais arrivé de voir un oiseau me jouer le remake du 11 septembre en venant s'écraser sur mes fenêtres, mais c'était tout à fait différent. Un oiseau, même très intelligent, a le droit de confondre une vitre transparente avec une vitre ouverte, c'est son droit le plus strict. Mais de là à confondre une route goudronnée avec une vitre ouverte, je trouve ça un peu gonflé.
La grosse femme m'arrêta net dans mes réflexions en s'évanouissant à moitié, hurlant à la mort oh mon dieu mais c'est terrible. Je tachai de deviner en quoi ce narcisse emplumé, amoureux sans doute de son reflet dans une flaque, pouvait déclencher chez ma co-voyageuse un tel débordement. Je n'eus pas le temps de le lui demander car elle s'enfuit en courant, agitant sous la pluie ses petits bras boudinés et oranges, en braillant des mots que je ne compris pas.

Le bus en arrivant à l'arrêt avec ses dix minutes de retard réglementaire roula sur le canard sauvage au grand plaisir des deux enfants qui l'observaient depuis l'autre côté de la route. Je suppose qu'ils furent enthousiastes, après que le bus ait redémarré, en lisant la marque des pneus sur le corps de l'animal.
Pour ma part, je pris le bus seul ce matin et arrangeai le retard du bus avec le retard du train. La nature, y a pas à dire, est bien faite.

Le morceau du jour : Waltz for RuthCharlie Haden-Beyond The Missouri Sky


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03 février 2006

Le vertige de l'ordinateur

Plus encore que le pâté de foie pas frais, je hais les ordinateurs.

Comme le cintre de Desproges, l'ordinateur agresse l'homme par pure cruauté. L'ordinateur est du genre à mettre une photo d'Haïti sur son bureau ; et puis il est moche, il a la gueule pleine de boutons, ses souris sans fil, un humour à la clavier ; l'ordinateur n'hésite pas à mettre les hauts parleurs enceintes, au mépris de la convention de Genève.
L'ordinateur est un con qui tous les jours fait le tour des périphériques intérieur et extérieur.

Et pourtant, malgré cette répulsion toute physique, je l'ai aimé, autrefois, au temps béni où nous marchions de concert. Je l'ai aimé et puis les choses se sont envenimées, comme s'il me reprochait d'avoir lorgné sur un portable.
Vint ce jour terrible de décembre où l'ordinateur m'a jeté au visage des insultes terribles. Je lui ai dit qu'il commettait une erreur fatale, qu'il avait un devoir de mémoire envers moi... Rien n'y fit. "System root/system 32/hal.dll manquante ou introuvable ...". Me dire ça à moi, moi qui est toujours pris soin de lui laisser des petits mots sur son poste de travail pour qu'il retrouve son chemin, nous les appelions raccourcis... Hélas, il avait raison celui-là qui a dit que lorsque l'ordinateur se met à vous parler en anglais, c'est mauvais signe.
J'ai tout fait pour recoller les pots cassés, je lui ai présenté de nouveaux pilotes, je l'ai laissé surfer dans des endroits pas nets, je l'ai emmené en week-end chez le revendeur Fnac, pour qu'il retrouve ses amis, les gens de sa famille, je suis même passé sous la nappe (conseil de Bubu) pour lui ... Mais l'ordinateur, inflexible dans sa rebellion, refusa de négocier. A Disk read error occured. Press Ctrl Alt Del to restart.
Comment peut-on être aussi méchant ?
Je suis allé consulter un de ces proches, psychiatre par téléphone, qui diagnostiqua une schizophrénie du disque dur ; "Il faut l'envoyer en clinique", me dit-il en brisant le doux espoir que ce n'était qu'un petit passage à vide.

Alors, ce matin, dés l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je l'ai pris par la main, cet ancien ami devenu insupportable à ma vue. Je l'ai conduit dans cette clinique spécialisée, la mort dans l'âme, l'unité centrale dans le coffre.

En rentrant chez moi, l'âme allégée de ce poids, je me suis rendu compte de cette haine qui m'agite désormais. Je n'en suis pas fier. Mais l'ordinateur est un parasite de l'informaticien, une erreur de la nature au même titre que l'ornithorynque, le C++ ou les hémorroïdes.
Le genre de désagréments qui vous font chier.
Plus que tout, je hais les ordinateurs.

Le morceau du jour : Desolation Row
Bob Dylan - Highway 61 Revisited


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02 février 2006

Où il est question de cagnotte

Il faut dire ce qui est : les vieux ont un courage rarement égalé.


En certaines circonstances, il peut arriver que le citadin de plus de dix-huit ans ait besoin d'enfiler sa voiture, par exemple pour aller remplir une grille d'euromillions au bar-pmu du coin. Le trajet, qui ne dure pas plus de cinq à six minutes, rencontre souvent un de ces drôles de machin tout droit et fichtrement bigarré qu'on appelle feu tricolore. Une coutume française veut que lorsque la couleur allumée est le rouge l'automobiliste doive s'arrêter et attendre en tapotant nerveusement sur le guidon.

A trois de front à ce carrefour, coincé entre une camionette à peine plus blanchâtre qu'un blanc d'oeuf monté en neige et une boîte à savons scandinave, le citadin peut avoir l'impression qu'on cherche à le prendre de vitesse au démarrage. Or le citadin est fier et belliqueux ; c'est un trait de caractères qu'il tient de ses ancêtres les gaulois, tête de noeud et bite en bois.
Le rouge est bref et doit nécessairement passer au vert. A cet instant où la pupille du citadin enregistre l'infime clignotement du feu, il est naturellement tenté d'écraser l'accélérateur pour griller au poteau l'infâme camionette Darty et l'horrible petite voiture cubique. Mais c'est sans compter le courage inouï des personnes âgées ...

Reconstitution, et pas seulement européenne :
Georgette Duglandménil était décidée ce matin-là à remplir sa deux-cent-cinquante-quatrième grilles d'euromillions de l'année. Elle avait donc enfilée ses vêtements défraichis, mis ses bas de contention, mis en place sa jambe de bois et attrapé sa canne ; n'écoutant que son mari, elle était ensuite allée remplir sa grille avec les dates de naissance de ses enfants, petits-enfants et autres rejetons plus ou moins naturels. Bien sûr, il arrive un moment où il faut bien rentrer chez soi pour préparer le déjeuner, et Georgette, qui a froid dans son ensemble Emaüs, s'avance sur le trottoir. Du coin de l'oeil elle voit bien le petit bonhomme tout rouge qui lui fait signe de patienter avec lui pendant que le bonhomme tout vert est en pause-pipi. Mais Georgette elle se laisse pas dicter sa conduite par ces connards de mégalos-trotskistes ; n'écoutant que son courage, elle le prend à deux mains et s'engage en boitillant sur le passage-piéton.

Les obsèques auront lieu lundi matin au cimetière Mahomet.


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29 janvier 2006

Réflexion alcoolique sur la dialectique du bonheur

En supposant que le bonheur et le malheur puissent être quantifiables, et que les deux, additionnés en quantités égales, s'annulent, pouvons nous en déduire que le malheur d'une personne fait systématiquement le bonheur d'une autre ?

En poursuivant le raisonnement, est-il possible qu'un individu concentre un taux de malheur si fort, qu'il faille plusieurs individus élémentairement heureux pour que la somme soit égale à zéro ?

Par là même, ne faudrait-il pas, à l'instar d'un salaire, imposer un revenu de bonheur minimum par personne ? ainsi qu'un seuil de malheur maximum ?
Il conviendrait alors de réglementer les évènements producteurs de bonheur (resp. de malheur) et les placer sous tutelles de fonctionnaires chargés de la bonne répartition de malheurs et de bonheurs dans notre cher pays.
Comme il va de soi que la vie est d'une complexité trop grande pour être entièrement dirigée, leur rôle consisterait plus en une compensation mensuelle de l'humeur inverse à celle reçue en excès. Il faudrait alors décider des équivalences entre différentes productions de bonheurs et de malheurs :

Par exemple gagner au loto pourrait être compensé par la perte d'êtres chers, dont le nombre exact serait calculé en fonction du montant de la somme arrondie (le reste étant composé de désagréments habituels).
Pourtant ce système amènerait d'autres problèmes : La perte d'êtres chers ne pourrait-elle pas entraîner de malheurs en quantité trop importante chez des individus autres que le protagoniste (une sorte d'effet domino) ?

Vous avez une heure.

L'album du jour : Mice Parade - Obrigado Saudade


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14 janvier 2006

Juste histoire de poster....

Comme vous l'aurez remarqué, j'ai pâs posté grand chose dernièrement.
Pas de vrais raisons à cela si ce n'est qu'une vraie lassitude s'intalle en moi en ce moment, enfin bref...
Si j'en ai le courage (et si je suis encore vivant) je vous ferai ptête un petit compte rendu de la soirée du 12 janvier du festival Octpous (c'était très bien)...

Le morceau du jour : David Sylvian-The Ink In The Well


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01 janvier 2006

Le post du 1er janvier

Ceci est un post du nouvel an.

Non franchement, à part çà, rien de neuf.
Ben oui, les fêtes de fin d'années c'est bien sympa, mais c'est pas le ventre plein qu'on trouve des trucs à dire avec des belles phrases et tout et tout.
Alors voilà, je ne vous souhaiterai pas bonne année parce que j'en ai pas envie et puis c'est tout.

Zut à la fin.

Le morceau du jour : David Sylvian-Damage


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05 décembre 2005

Le docteur Bubu répond à vos questions ! (2)


Un confrère anonyme m'écrit :

Docte Docteur,
une question m'interroge donc de ce fait je me la vous pose comme qu'elle me vient : aisse que c'est la vérité que certains aurait voudru verrouiller la culture ?
Si ce que vous pensez oui, pourquoi ?
Si ce que vous pensez non, pourquoi ?

Cher professeur, nul besoin de vous inquiéter, si certaines personnes, douées d'intentions plus nobles qu'on veut bien le faire croire dans les milieux crypto-trostko-franc-maçonniques, on voulu verrouiller la culture, c'est tout simplement qu'un zigue un peu distrait a un jour oublié de refermer la porte de la culture en sortant un soir faire la bringue avec ses amis décérébrés.
Et qui dit porte non fermée dit porte ouverte (je tenais à bien préciser cet état de fait, de nos jours, on n'ose plus affirmer certaines vérités).
Or, lors des émeutes qui virent notre pays à feux et à sang pendant deux semaines, de nombreux délinquants d'origines maghrébo-musulmano-arabo-hispaniques en ont profité pour mettre la culture dans un bordel monstre comme en atteste ce témoignage édifiant d'un élu souhaitant garder l'anonymat.
Il va sans dire que les premières mesures nécessaires furent donc de fermer la culture à double-clef, le temps de laisser les techniciens de surface maliens et polygames faire un peu le ménage.
Ceci fait, il reste encore à prévoir pour les jours futurs un moyen fiable de garder la culture telle qu'elle devrait toujours être : un endroit propre.
D'où cette idée, lancée par quelques philanthropes, encore animés de nos bonnes vieilles valeurs, de poser un cadenas sur les portes de la culture, dont eux-mêmes se chargerait de garder les clefs.
On peut raisonnablement dire que ce sont des personnes de confiance, alors soyons généreux et verrouillons une bonne fois pour toute cette putain de culture.



Nico m'envoie dans un missive émouvante d'orthographe approximative :

Alors moi deux question me tar[r]{eau,o}dent l'esprit : qui va enfin exprimer tout les mal être des enfants des classes moyennes aisées et la véritable rébelion face à une vie perdu d'avance qui hante tout ces jeunes deseuvré; obligés - les pauvres - à trainer entre la chaine hi fi et la playstation, la playstation et internet, internet et le soupé de Maman fait à 8h précises?

Nico, la description précise que vous me faites ici de votre vie quotidienne est tout à fait poignante, et je tiens de tout coeur à vous apporter mon soutien tout au long de cet éprouvant parcours qui est le votre.
Quant à exprimer votre révolte, pourquoi pas ? Ne serait il pas souhaitable de ne pas laisser le terrain si romantique de la révolte occupé par ces hordes de barbares violents issus de pays sous-développé, où la pratique de la polygamie est reconnue, venus dans nos contrées égorger nos femmes et nos enfants ??
Ne pourrait on pas organiser un mouvement jeune, dynamique, ayant pour ambition de faire renaître en chacun de nos concitoyens la fierté d'appartenir à une communauté respectueuse des traditions millénaristes de notre cher pays ?
Je propose d'ailleurs la création de gigantesques fêtes dans les nombreux champs de campagnes, où chaque Sound System diffuserait des chants régionaux à la gloire de notre bien aimée patrie (On appellerait ça des rêves parties). Ces rencontres impromptues et bon enfant constitueraient pour notre jeunesse en mal de repères l'occasion idéale d'allier modernité et traditions dans des rassemblement engagés.


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30 novembre 2005

On a enfin la preuve...

...que les histoires d'amour qui durent longtemps c'est des conneries.

(ben quoi ? on se rassure comme on peut...)


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28 novembre 2005

Du consumérisme en temps de dépression : un post chanson française

J'ai honte...

Oui, j'ai honte, et je ne sais même pas pourquoi.
Enfin si.
Enfin presque.

Bon, c'est assez difficile à expliquer. Alors voilà : Aujourd'hui moi zé mes camarades avons eu un examen. Jusqu'ici rien que de très normal me direz-vous, sauf que cet examen fût à moitié raté, ou à moitié réussi si on est optimiste.

Et puis ça m'a repris. Telle une irrépressible envie survenue d'âges reculés, celui où l'homme primitif chassait le mammouth en peau de buffle afin de se nourrir de viande crue-plutôt que celui où la ménagère de moins (ou plus d'ailleurs) de cinquante ans va au mammouth en fourrure synthétique afin de de se nourrir de saloperies réchauffées au micro-onde.

Telle, donc, une impulsion animale, j'ai voulu m'acheter des CD.

Plein.

Ainsi, me voilà en quête de mon disquaire favori, bravant en cela le froid extrême de cette fin novembre. Arrivé devant le magasin fatidique, je ne fais ni une ni deux (ni 3,141616) et hop ! Je rentre. Je ne suis alors pas encore conscient des conséquences qui allaient découler de ce geste d'apparence si anodine.

Je n'y reste pas longtemps. Je furète par ci par là, et ma main pioche d'elle-même les objets de ma convoitise. Deux, c'est tout, ma raison garde encore le contrôle de mon comportement. Puis, je repars.

Et je rentre chez moi.

Pendant le transport, un peu par hasard, je décide d'écouter le dernier Bashung (L'imprudence, téléchargé en toute impunité sur le lieu de refuge des nazis et des pédophiles) et là c'est le drame :

« Rooh, mais il est drôlement bien ct'album ! Et si j'allais l'acheter à la Fnac ? »

Un éclair déchire le ciel dans un fracas étourdissant, le train semble filer à toute allure. Je peux lire la peur dans le regard des passagers que je croise. Il n'est pourtant pas trop tard. Je pourrais encore tout arrêter. J'en ai le pouvoir. Mais un funeste mécanisme s'est mis en marche. Le point de non-retour est dépassé et sur le moment, je n'en ai pas conscience.

Le trajet se déroule sans encombre, et mon visage ne laisse rien transparaître de mes intentions.

Retour. Maison. Chat. Internet. Vide.

Vide...

Vide.

« He, mais j'ai un bon Fnac, cool, j'vais pouvoir acheter le dernier Bashung avec ça ! »

Sur la route qui borde ma cité-dortoir-pour-vieilles-riches, un automobiliste dérape, emboutit la voiture qui le précède, effectue cinq tonneaux, et s'encastre dans un peuplier qui n'avait rien à faire là.

Fnaic. Noël approche. Les vendeurs vendent, les clients achètent. Je me dirige, une fois n'est pas coutume, vers le rayon chanson française. Entre Alizée et Brel, j'aperçois l'étiquette Bashung qui m'indique que je fais bonne route. Je parcours les différents albums.

Ô misère !

L'imprudence est à 23 € !

J'examine un peu mieux : Ah ! Un coffret qui regroupe trois albums de Bashung (dont L'imprudence) est à 25,50 €.

Dilemme. Que choisir ?

Le coffret qui regroupe L'imprudence, donc, Fantaisie Militaire, et Osez Joséphine présente l'indéniable avantage du trois pour le prix d'un. En même temps Osez Joséphine c'est un peu de la merde.

L'album seul, lui, se présente sous la forme d'une très belle pochette cartonnée (j'adore les pochettes cartonnées), et puis, au départ c'est un peu ce que je voulais. Mais 23 € !

Ne rien prendre est une autre possibilité, mais ça me fait un peu chier de m'être déplacé pour rien, et puis, comme je l'ai dit au début, je suis possédé.

Je scrute dans d'autres bacs afin de chercher un coffret, entrevu sur le site de la Fnouc, ne regroupant que ses derniers opus, au prix très consensuel de 16,50 €. Rien.

Las, cédant aux sirènes de la consommation de masse, de la braderie de notre patrimoine culturel, j'opte pour le coffret.

Et soudain, j'ai honte. Surgit alors du tréfonds de mes pensées les plus obscures un cauchemar qui devait marquer ma vie entière :

Je suis à la Fnok, les promontoires qui s'offrent à moi me présentent le dernier album de Jean-Louis Aubert. « Attention Guignol, c'est un piège ! ». Trop tard, je voudrais tout faire pour arrêter ça. Mon coeur bat fort. Ma main, guidée par une inextricable force qui ne peut être que d'origine satanique, empoigne le funeste objet, et, malgré ma volonté, je me dirige vers les caisses. Je paye.

Mon dieu ! Rien qu'à vous le raconter j'en ai des sueurs froides. Depuis chaque fois que j'y repense, je ne peux retenir quelques larmes de couler sur mon visage grave.

Ben en achetant le coffret Bashung, c'est un peu la même sensation.

Voilà, Fantaisie Militaire vient de se terminer, et son écoute aura accompagné l'écriture de ce post catharsique, à vocation plus psychanalytique qu'autre chose.

D'ailleurs, il est pas mal cet album.


Ps : Comme les plus perspicaces d'entre vous l'auront deviné, je n'ai bien évidemment nullement acheté un album de Jean-Louis Aubert (déjà que j'éxèvre Téléphone...), il s'agissait d'un rêve, ou plutôt d'un cauchemar...


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27 novembre 2005

Le Dr Bubu répond à vos questions !

He oui !

Laissez donc vos questions en commentaires. Vous avez jusqu'à mercredi 23h. Après quoi je vous répondrai dans un post. Dans les commentaires de ce post vous pourrez ainsi poser vos questions auxquelles je répondrai dans un post ultérieur, etc.

Afin d'éviter les tracas de la vie quotidienne, pour avoir une réponse crédible aux questionnements existentiels que tout le monde se pose, n'hésitez plus : Dr Bubu.




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23 novembre 2005

Rudule Glapeau, ou les aventures de l'homme moderne

Nous sommes en 2010. Rudule Glapeau, jeune ingénieur informaticien, vient de s'installer avec sa femme et ses deux enfants dans un trois pièces à Croupinville.

Croupinville, charmante bourgade connue notamment pour son église romane du 20eme siècle et son quartier des Mingounettes, chef d'oeuvre architectural composé exclusivement de barres de bétons de 200 mètres de long et de 50 mètres de haut. Bien sûr, Rudule est conscient de la chance inestimable qu'il a de vivre dans ce lieu conçu par l'architecte pour "réunir entre eux les gens de divers horizons, favoriser les échanges culturels". Bien sûr, Rudule est très heureux d'avoir fait la connaissance de ses voisins de paliers Micheline et Robert Proujel, qui n'ont pas hésité un seul instant à partager avec Rudule leur passion pour la construction de maquettes entièrement réalisées en copeaux de bois. Simplement Rudule aimerait bien qu'ils arrêtent de sonner à sa porte tous les soirs.

Rudule aime son travail. Si si. Bien sûr, Rudule aurait préféré qu'il soit rémunéré un peu au dessus du smic, et ne pas travailler 50h/semaines, mais il a bien conscience que cette peine qu'il se donne, c'est pour le bien de la France, et rien que pour çà, Rudule en est assez fier.
La femme de Rudule, Clapineche Glapeau, elle, est secrétaire à la BNP. Clapineche a fait HEC et elle en est très fière. Alors oui, Clapineche sait bien que secrétaire, c'est pas la super classe, quand on a fait HEC, mais elle attend son heure. Qui sait ? un jour peut-être s'occupera t-elle aussi de la photocopieuse. Et la photocopieuse, c'est les tickets restos offerts. La grande classe quoi.

Les enfants de Rudule sont scolarisés à l'école primaire Cyprès Silouain. Par chance, l'école est située juste en face de la cage d'escalier de Rudule, qui peu ainsi vérifier qu'aucun lave-vaisselle lancé du haut de l'immeuble n'atterrit sur son fils. Mais Rudule a un peu peur quand même. Bien sûr, ça n'a rien à voir avec la découverte de Crack1 par la BAC sur le cadavre d'un élève qui l'inquiète. Ni le viol d'une institutrice l'année dernière par les CM1 B. Non, ce qui inquiète Rudule, c'est la pédagogie qui y est employée. Que les élèves apprennent d'abord à utiliser un préservatif avant d'écrire l'a un peu surpris, mais qu'ils apprennent à écrire en langage SMS !2

Comme on peut le voir Rudule a l'air super content. Mais en réalité il ne l'est pas3. En réalité, Rudule a peur. Terriblement peur. Rudule n'en dort plus la nuit4. Car Rudule a découvert un secret. Un terrible secret. Un secret qui le travaille toute la nuit5....à suivre






1. En effet, car avec la désertification du Maroc ainsi que la raréfaction de l'eau, les champs de chanvre ont progressivement disparu. Ainsi, le crack, plus économiquement viable a t-il été conseillé aux jeunes de banlieue dans le cadre du programme de développement durable.

2. Pour information, le sms est totalement dépassé en 2010, c'est le pdtg ("poings dans ta gueule") qui l'a remplacé, plus concis et plus clair.

3. Super content.

4. Bien sûr l'incendie de se voiture de la nuit dernière n'avait rien à voir avec les raisons profondes de son insomnie.

5. A l'inverse de Clapineche.



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21 novembre 2005

Glou : l'exemple qui contredit Darwin

Il y a des jours comme ça...

Alors oui, aujourd'hui, comme hier ou avant-hier d'ailleurs, je n'ai rien fait. "C'est ça d'habiter dans une région de cons" me rétorqueriez vous et vous aurez bien raison. Car outre sa flemmardise désormais légendaire, lui qui ne sort de chez lui que pour acheter des vivres et prendre des cours qui le passionnent -n'a t-il d'ailleurs pas dit : "Les cours ? C'est mon dada !" pas plus tard qu'il y a deux semaines ?-, outre, donc, son incapacité notoire à faire 3 pas à l'extérieur sans ressentir, je cite, "cette inextricable peur qui me noue les orteils dès que je croise une vieille, et qui me fait voter sarkozy", Glou refuse fermement d'aller boire une bière sur Versailles.

Je précise pour les nouveaux venus et les retardataires, que nos logements respectifs sont équidistant de la place du marché (environ 1/2h à pieds sans se presser !), lieu de rendez-vous et de débauche de la jeunesse versaillaise, qui vient y noyer dans l'alcool ses états d'âmes quant à la rupture entre Edouard-Gudule et Anne-Marie-Bibinette, ou converser à propos du dernier single des White Stripes, parce que, je cite, "Le rock c'est trop fort".

C'est donc dans ce lieu fort sympathique, qu'il m'est arrivé, dans un élan de naïveté retrospectivement répréhensible, de convier Glou. Je ne connaissais à l'époque que très peu ses coutûmes ataviques, sa sédentarité exarcerbée, son sens inné du home sweet home, bref son tempérament de moule grippée, d'huile à frire périmée.

Bien évidemment, Glou déclina toutes ces propositions sous maints prétextes fallacieux qu'il serait inconvenant de dévoiler ici. Depuis habitué à ses caprices d'un autre âge (le troisième plus exactement), j'ai abandonné l'idée saugrenue de le faire sortir de son antre autrement qu'en enfilant une jupe rouge vif, un pull en coton et un sert-tête, et en imitant la voix frèle et féminine de son alter-ego féminin, j'ai nommé Priscilla.

Aujourd'hui, Glou avait un entretien. Vu qu'il n'a daigné donné trace de vie depuis, je ne saurais vous dire comment cela s'est exactement passé. Je peux par contre vous décrire en détail ma journée d'inactivité totale, partagée entre le butinage de sites web plus ou moins inintéressants et une virée à la fnac pleine d'enseignement quant à la nature humaine et sa déconfiture en pleine période charnière, où les jeunes brûlent des voitures et forniquent dans les caves. Mais ceci sera l'objet d'un autre post.


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16 novembre 2005

Quiproquo

Il se réveille en sursaut la nuit.

Il a entendu quelqu'un. En bas. Il se lève en prenant soin de ne pas réveiller sa femme qui dort à poings fermés. Il descend l'escalier sur la pointe des pieds, manque de trébucher sur la dernière marche. Il passe à la cuisine, ouvre un tiroir et en sort un couteau long et tranchant.

Il écoute.

Du bruit.

Dans le salon.

Son coeur s'affole, mais il s'efforce de rester calme. Il avance doucement jusqu'à apercevoir une ombre qui s'agite.

Il a peur.

Il n'ose dire un mot. Il retient même sa respiration quelques secondes.

Il a peur.

Puis il s'élance vers l'intrus. Ses doigts se resserrent sur le poignard, son bras se lève, la lame est suspendue un court instant au-dessus de l'autre...

Pendant un moment, il lui a semblé qu'il le connaissait.

...puis elle s'abat et s'enfonce facilement.Trop. Ses doigts se tendent, il fait un pas en arrière, surpris.

Bruit sourd d'une tête qui frappe le carrelage. Il comprend ce qui vient de se passer. Il fait sombre, mais il s'imagine la scène sans problème:
Son fils, étalé sur le sol, une flaque rouge qui s'étend. Des pas dans l'escalier.


Elle s'est réveillée.


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